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Au-delà du coup de sifflet final – Ce que l’été canadien de la Coupe du monde a révélé sur la planification d’événements sportifs à grande échelle

Les grands événements sportifs vont bien au-delà de ce qui se passe sur le terrain. Kevin Perrin, Global Head of Commercial for Sports Business, explore ce que l’été canadien de la Coupe du monde a révélé sur la planification, la logistique, la coordination des parties prenantes et la préparation au changement.
International sports event logistics during a major football tournament

Cet été, le Canada a accueilli le monde entier.

Toronto et Vancouver ont accueilli 13 matchs dans le cadre de la plus grande Coupe du monde de la FIFA jamais organisée, avec 48 équipes en compétition dans 16 villes hôtes au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Pour les supporters, l’attention se portait naturellement sur ce qui se passait sur le terrain. En coulisses, c’était une opération d’une ampleur extraordinaire.

Pour celles et ceux d’entre nous qui travaillent dans les voyages sportifs et les événements, c’est aussi ce qui rend les grandes compétitions si fascinantes.

Ce que les spectateurs voient n’est qu’une petite partie du tableau. Équipes, officiels, médias, diffuseurs, sponsors, partenaires et équipes support doivent tous se déplacer entre aéroports, hôtels, sites et villes, souvent selon des calendriers différents et avec des exigences très variées.

L’été canadien de la Coupe du monde a rappelé que plus un événement prend de l’ampleur, moins les voyages et la logistique peuvent être traités comme des chantiers distincts.

Tout est connecté

Les grands événements sportifs impliquent des centaines de décisions opérationnelles, mais très peu existent de manière isolée.

Le choix des sites influence l’hébergement. L’hébergement impacte la planification des transports. Les calendriers de compétition dictent les schémas d’arrivée et de départ. Les mesures de sécurité peuvent modifier l’accès aux sites, tandis que les résultats des qualifications peuvent, soudainement, créer de tout nouveaux besoins de déplacement.

Même le calendrier du tournoi de la FIFA reconnaissait l’importance des déplacements, la plupart des matchs étant organisés par zones régionales afin de réduire les trajets pour les équipes et les supporters.

L’erreur que peuvent commettre les organisateurs est d’examiner chaque élément séparément.

Les voyages et l’hébergement sont parfois traités comme des tâches administratives à régler une fois les sites et le calendrier de compétition validés. En réalité, ce sont des composantes fondamentales du dispositif et elles doivent être prises en compte dès le départ.

Si la planification de l’hébergement commence trop tard, les disponibilités adaptées peuvent déjà être limitées et les coûts nettement plus élevés. Si le transport n’est envisagé qu’une fois les hôtels confirmés, les organisateurs peuvent découvrir que les temps de trajet ou les infrastructures locales créent des complications supplémentaires.

Planifier tôt permet de façonner le programme plutôt que d’y réagir en permanence.

Planifier le changement, pas la certitude

L’un des aspects les plus systématiquement sous-estimés des événements sportifs est l’ampleur des changements. La planification commence naturellement par des hypothèses : un certain nombre de voyageurs, un calendrier de compétition, des sites validés et des dates d’arrivée prévues.

Le sport les respecte rarement toutes.

La taille des équipes évolue. Des athlètes sont remplacés. Les rencontres sont déplacées. Les vols sont perturbés. Les résultats des qualifications déterminent qui doit se rendre où ensuite, tandis que les exigences commerciales et opérationnelles continuent d’évoluer jusqu’à l’événement.

Cela signifie que la planification des imprévus ne peut pas simplement rester sur une étagère en attendant que quelque chose se passe mal.

La planification des imprévus n’est pas un plan B. Elle fait partie du plan.

Les organisations qui gèrent le plus efficacement les perturbations ne sont pas forcément celles qui ont créé l’itinéraire initial le plus détaillé. Ce sont celles qui ont intégré de la flexibilité dans leur programme dès le départ.

Cela peut signifier sécuriser des conditions de réservation adaptées, établir des options alternatives, s’appuyer sur des relations de confiance avec les fournisseurs et veiller à ce que les responsabilités de décision soient claires.

L’objectif n’est pas de prévoir chaque perturbation possible. Il s’agit de créer un dispositif capable de réagir lorsque l’imprévu survient inévitablement.

Un seul événement, des attentes très différentes

La complexité augmente encore lorsque l’on considère le nombre de groupes différents susceptibles d’être impliqués dans un grand événement sportif.

Les athlètes veulent se concentrer sur la préparation et la performance. Les officiels ont besoin de cohérence et de fiabilité. Les médias exigent de l’accès et de la flexibilité. Les diffuseurs travaillent selon des plannings de production et des exigences techniques. Les sponsors et partenaires peuvent recevoir des clients importants et attendre une expérience premium.

Tous ces groupes peuvent voyager vers la même destination au même moment, mais ils ne peuvent pas nécessairement être gérés de la même manière.

Une équipe qui arrive avant la compétition a des priorités très différentes de celles d’un sponsor qui accueille des invités VIP. Un diffuseur qui déplace des équipes de production et du matériel a des exigences qui n’ont que peu de points communs avec celles d’un officiel de l’événement.

Le défi consiste à créer une opération coordonnée, tout en reconnaissant ces différences.

C’est pourquoi des responsabilités clairement attribuées et une communication fluide deviennent si importantes. Répondre aux besoins d’un groupe peut avoir des conséquences ailleurs dans le programme, et ces liens doivent être compris.

Les principes de la Coupe du monde ne sont pas réservés aux Coupes du monde

Il existe une tendance compréhensible à regarder un événement de l’ampleur de la Coupe du monde et à supposer que ses enseignements ne s’appliquent qu’aux organisations disposant de ressources similaires. Ce n’est pas le cas.

Vous n’avez pas besoin d’un budget de Coupe du monde pour appliquer des principes de Coupe du monde.

Une fédération plus petite ou un championnat récurrent doit tout de même faire arriver les équipes au bon endroit, au bon moment. Son calendrier de compétition peut toujours changer. L’hébergement peut toujours se raréfier et les perturbations peuvent toujours affecter les participants.

L’échelle est différente, mais de nombreux fondamentaux restent les mêmes.

Planifiez tôt. Comprenez la destination. Connaissez vos parties prenantes. Attribuez clairement les responsabilités. Intégrez de la flexibilité dans les accords fournisseurs. Identifiez les risques avant qu’ils ne deviennent des problèmes opérationnels.

Pour les organisations plus petites en particulier, un partenaire voyages et événements expérimenté peut également apporter une expertise et des ressources qui n’existent pas forcément en interne.

La vraie valeur ne consiste pas seulement à réagir quand quelque chose se passe mal. Elle consiste à identifier où les problèmes ont le plus de chances d’émerger et à concevoir le programme en conséquence.

Quand une excellente logistique devient invisible

Il y a une distinction que je fais toujours entre un événement sportif réussi et un événement véritablement exceptionnel.

Un événement réussi est un événement où tout fonctionne. Un événement véritablement exceptionnel est un événement où les participants n’ont jamais à se demander si tout fonctionne.

Les athlètes doivent penser à la compétition. Les officiels doivent se concentrer sur la bonne tenue de l’épreuve. Les sponsors, partenaires, médias et invités doivent pouvoir se concentrer sur l’expérience.

Ils ne devraient pas se demander si leur transfert va arriver, si leur hôtel sait qu’ils arrivent ou qui contacter lorsque les plans changent.

Atteindre cette simplicité apparente exige un travail considérable en coulisses.

Cela requiert une connaissance approfondie de la destination, des voyages et un hébergement soigneusement planifiés, une technologie fiable, de solides relations fournisseurs, une expertise sur site et des équipes qui comprennent comment le sport fonctionne sous pression.

L’été canadien de la Coupe du monde a offert une démonstration spectaculaire de ce que les grands événements sportifs peuvent créer pour les athlètes, les supporters et les destinations hôtes.

Pour celles et ceux qui auront la responsabilité de livrer le prochain tournoi, championnat ou événement international, il y a un autre enseignement à en tirer.

Les meilleures logistiques sont souvent celles que personne ne remarque.

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